Vendredi 3 octobre 2008
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21 AOUT 16H
Nous voici à Régina, à l'Auberge de l'Approuague.
Nous avons laissé Kaw, Roura et les marais derrière nous.
Abrupte changement, c'était un lieu si attachant. Odette et Jeannot de Pattawa sont des hôtes charmants, ils nous ont servi un très bon mafé le 1er soir et dans la nuit sombre nous ont raconté
leur vie en Guyane, claquant ça et là quelques moustiques sur leur peau. Ce soir-là, l'ananas fini, nous avons plongé dans les bras d'une envoutante et tropicale morphée... .
Le lendemain, la visite en pirogue des marais de Kaw s'est avérée magique, malgré la pluie. Conduits de main de maître par un guide "métro" Francis, nous avons avancé sur l'eau calme des marais
dans un paysage de savane inoubliable. La multitude d'oiseaux : du "Jacana" au "zozo mon père" en passant par le "martin pêcheur à ventre roux" nous a plongé dans la béatitude. Ravissement des
sens et du coeur. Nous avons croisé l'odeur musquée des zébus et la vue des cabiaï, ces impressionnants rongeurs. Enfin après un pique-nique sur les bords de la rivière, enveloppés par la forêt,
nous sommes partis à l'affût des caimans, reprérables à la brillance de leurs yeux dans la nuit du marais. Inquiétants mais inquiets, ces reptiles pouvant mesurer de 60 cm à 2,50 m nous évitaient
facilement en s'immergeant dans l'eau. Francis nous a impressionné quand il a réussi a attraper un caïman rouge, lui clouant la gueule avec un elastique pour nous l'exhiber ; fâcheuse humiliation
pour cet animal !
Les marais de Kaw furent un moment de grâce et de contemplation. La poésie de la nature nous a touché au plus profond. J'espère, Arthur, que toi aussi tu jouiras de ces moments de pureté.
Par Céline
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Samedi 20 septembre 2008
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20:15
19 aout 16H00
Une fenêtre, pas de vitre, une moustiquaire avec vue sur le camp de Pattawa. A une heure trente de Cayenne,nous voilà en pleine forêt. Le parfum de la végétation est fort et la pluie, continue,
nous enveloppe dansla moiteur de la selve.
Le vert domine,parsemé de terre ocre et de troncs noirs. Les bruits sont variés, tantôt sourds tantôt aigus, les sons résonnent. Ce calme, cette nature écrasante et crue nous éloigne de tout.
C'est presque une expérience mystique, un retour sur soir, lovés dans la jungle.
Un cabanon large, un grand dortoir abrite quelques lits spartiates ornés de moustiquaires orange, unique fantaisie dans la décoration. Pour la douche (froide) il faut descendre deux séries de
marches couleur rouille et oser frotter ses pieds contre l'herbe mouillée pendant 50 mètres. Peu de confort donc, nous voilà seuls avec nous mêmes. encore quelques heures avant de retrouver nos
hô
tes et le repas.
Par Céline
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Samedi 20 septembre 2008
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19:16
19 AOUT 11H
Par le hublot je distingue une bande de terre noire sous les nuages blancs. Autour c'est la mer bleue qui envahit tout. Nous approchons du continent sud-américain que je retrouve, comme un vieil
ami pour qui j'éprouve de la tendresse.
Cela fait deux heures que nous avons laissé Arthur et La Martinique derrière nous. Etrange impression de manque, de calme, de tristesse et d'excitation. Petit bonhomme, je sens à quel point nous
sommes liés à jamais. Liés par un amour plus immense encore que cette étendue d'eau majestueuse à nos pieds.
Le petit-déjeûner englouti d'Air Caraïbes nous a laissé dans une petite mollesse agréable, François griffonne religieusement son Sudoku. Nous sommes assis à côté l'un de l'autre, retrouvant notre
complicité. Plus amants que parents.
Un fleuve couleur "boue" s'étend en contrebas, l'avion commence à descendre, nous allons bientôt découvrir ce que certains appelaient "L'enfer vert". Vaste et romanesque programme !
Par Céline
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